Cite this article as: Adamou H. (2025). Facteurs de la Réussite des Groupements Economiques Féminins dans la Ville de Ngaoundéré de 1990 à 2022. Zamfara International Journal of Humanities,3(3), 145-156. www.doi.org/10.36349/zamijoh.2025.v03i03.016
FACTEURS DE LA REUSSITE DES GROUPEMENTS ECONOMIQUES FEMININS
DANS LA VILLE DE NGAOUNDERE DE 1990 A 2022
By
Hadjara Adamou
Doctorant au Département des Sciences Historiques
Archéologiques et du Patrimoine
Université de Maroua
Résumé:
Les groupes
économiques féminins jouent un rôle vital dans le développement
socio-économique des communautés, en particulier dans des contextes où les
femmes sont souvent marginalisées économiquement. Dans la ville de Ngaoundéré,
au Cameroun, ces groupements se sont révélés être des acteurs clés dans la
promotion de l’autonomisation économique des femmes, contribuant à
l’amélioration des conditions de vie et à la réduction de la pauvreté.
Ngaoundéré, capitale de la région de l'Adamaoua, est une ville en pleine
croissance avec une économie principalement basée sur l'agriculture, le
commerce et l'élevage. Dans ce contexte, les femmes ont longtemps été
sous-représentées dans les secteurs formels de l'économie. Les groupes
économiques féminins sont apparus comme une réponse collective pour surmonter
les défis économiques et sociaux auxquels ces femmes sont confrontées. Cette
étude vise à identifier et analyser les facteurs qui contribuent à la réussite
des groupes économiques féminins dans la ville de Ngaoundéré. En mettant en
lumière ces facteurs, l'étude espère fournir des recommandations pour renforcer
ces groupements et promouvoir des initiatives similaires dans d'autres régions.
Pour atteindre ces objectifs, l'étude s'appuie sur une approche qualitative et quantitative
combinée. L'étude des facteurs de réussite des groupes économiques féminins à
Ngaoundéré révèle l'importance d'un soutien holistique et d'une approche
intégrée pour promouvoir l'autonomisation économique des femmes. En comprenant
et en renforçant ces facteurs, il est possible de créer des modèles de
développement durable qui bénéficient non seulement aux femmes mais à
l'ensemble de la communauté.
Mots
clés: Facteurs,
Réussite, Groupement, Economie, Femme et Ngaoundéré
Introduction
La ville de Ngaoundéré, située dans le
nord du Cameroun, est un exemple éloquent de la manière dont les groupements
économiques féminins peuvent jouer un rôle clé dans le développement local et
l'autonomisation des femmes. Depuis 1990, ces groupements
ont non seulement survécu, mais prospéré, malgré des défis socio-économiques
significatifs. Leur succès repose sur une combinaison de facteurs
socio-culturels, économiques et institutionnels qui ont favorisé leur
résilience et leur croissance. À travers une analyse approfondie, cette étude
explore les raisons pour lesquelles ces groupements ont réussi à s’imposer
comme des acteurs incontournables du développement communautaire à Ngaoundéré.
La réussite des groupements économiques féminins à Ngaoundéré de 1990 à 2022 soulève
plusieurs questions cruciales. Quels sont les principaux facteurs qui ont
contribué à leur succès durable dans un contexte souvent marqué par des
contraintes économiques et sociales? Comment ces groupements ont-ils navigué
les défis tels que le manque d'accès au crédit, les barrières culturelles et
les dynamiques de pouvoir locales ? De plus, quelle a été l'influence des
politiques publiques et des initiatives internationales sur leur développement?
En répondant à ces questions, cette étude vise à comprendre les mécanismes qui
ont permis à ces groupements de devenir des piliers du développement économique
et social dans la région.
1.
Stratégies organisationnelle des femmes de Ngaoundéré
La stratégie organisationnelle est un
outil de gestion qui pousse à la réflexion, à la discussion et à l'analyse. La
structure organisationnelle force à définir et à préciser les besoins et
missions d'une entreprise[1].
Dans un contexte de ce travail, les stratégies organisations sont lieux aux
associations à but lucratif que les femmes de Ngaoundéré ont créé dans le but
de tirer du profit. De prime à bord, il est primordial de structurer la
structure organisation de ces femmes en deux parties, d’une part le
regroupement associatif et d’autre part l’usage des réseaux sociaux.
1.1.
Regroupement associatif
Pour Marshall, les regroupements
associatifs féminins sont des structures formelles ou informelles où les femmes
se rassemblent pour partager des ressources, des connaissances et des
compétences, visant à améliorer leur statut économique et social au sein de
leur communauté" (Marshall, 2016: 45). Selon Patel,
un regroupement associatif féminin est une organisation de femmes qui
s'associent pour poursuivre des objectifs communs liés à l'autonomisation,
l'entraide et l'amélioration de leurs conditions de vie à travers des
initiatives collectives (Patel, 2018: 102).
Tandis que pour Diop, les regroupements associatifs féminins sont des réseaux
de solidarité où les femmes s'unissent pour se soutenir mutuellement et
promouvoir leur participation active dans les processus de développement
socio-économique (Diop, 2020:
67). Les groupements féminins à Ngaoundéré trouvent leurs origines dans les
structures sociales traditionnelles qui valorisent l'entraide et la solidarité
communautaire. Historiquement, les femmes dans cette région se sont organisées
pour gérer collectivement les tâches domestiques et agricoles, ce qui leur
permettait de mieux surmonter les défis liés à leur environnement rural. Cette
tradition de coopération a évolué pour répondre aux besoins contemporains,
notamment en matière d'autonomisation économique et sociale. Les premiers
groupements formels ont vu le jour dans les années 1970,
souvent sous l'impulsion d'organisations non gouvernementales et d'initiatives
gouvernementales visant à promouvoir le développement rural (Mohammadou, 2003: 8). Ces initiatives ont favorisé la création de structures où
les femmes pouvaient se réunir, échanger des connaissances, et développer des
projets communs, notamment dans les domaines de l'agriculture, de l'artisanat,
et du microcrédit.
Les
groupements féminins à Ngaoundéré se diversifient en plusieurs types en
fonction de leurs objectifs et de leurs activités. On peut distinguer
principalement trois catégories: les groupements agricoles, les groupements
artisanaux, et les associations de microcrédit. Les groupements agricoles sont
centrés sur la production et la commercialisation de produits agricoles,
offrant aux femmes des opportunités de formation et d'accès aux ressources
nécessaires pour améliorer leurs rendements (Tchouassi & Sikod, 2010:
89-92). Les groupements artisanaux, quant à eux, se concentrent sur la
valorisation des savoir-faire traditionnels en matière de tissage, de teinture,
et de fabrication de produits artisanaux, contribuant ainsi à la préservation
du patrimoine culturel tout en générant des revenus pour les membres
(Mbuli, 2012: 13). Enfin, les associations de microcrédit jouent un rôle
crucial en fournissant aux femmes l'accès à des financements qu'elles ne
pourraient obtenir par les canaux bancaires traditionnels, facilitant ainsi la
création et le développement de petites entreprises (Kimengsi & Gwan, 2017:
176). Ces divers types de groupements témoignent de la dynamique et de
l'adaptabilité des femmes de Ngaoundéré face aux défis économiques et sociaux
de leur époque.
Les groupements économiques féminins de
Ngaoundéré ont émergé principalement à partir des années 1980,
en réponse à la nécessité de renforcer l'autonomie économique des femmes face
aux défis économiques et sociaux. Ces groupements, souvent structurés autour
d'activités agricoles et artisanales, permettent aux femmes de mutualiser leurs
ressources, de bénéficier de formations et de développer des stratégies de
commercialisation plus efficaces. Ils sont également des espaces de solidarité
et de soutien mutuel, facilitant l'accès au crédit et la gestion des revenus
pour améliorer les conditions de vie de leurs membres (Nkwi, 1995:
192). L'essor de ces groupements a été soutenu par diverses initiatives
gouvernementales et non gouvernementales visant à promouvoir l'entrepreneuriat
féminin et l'économie locale. Des ONG comme l'Association pour le Développement
de Ngaoundéré (ADN) ont joué un rôle crucial en fournissant des formations en
gestion, en techniques agricoles et en artisanat, ainsi qu'en facilitant
l'accès aux marchés pour les produits des femmes. Ces initiatives ont non
seulement contribué à l'autonomisation économique des femmes, mais ont aussi
favorisé leur participation active dans les décisions communautaires et le
développement local (Sama & Tazoacha, 2005: 13). Ce soutien
s’est facilité par l’avènement des réseaux sociaux.
1.2.
Soutien des réseaux sociaux
Les réseaux
sociaux jouent un rôle crucial dans l'essor des groupements féminins à
Ngaoundéré, offrant une plateforme pour la communication, l'organisation et le
soutien mutuel. Grâce à l'accès à des outils numériques, les femmes peuvent
échanger des informations, partager des expériences et se mobiliser plus
efficacement pour des causes communes. Les réseaux sociaux permettent de
surmonter les barrières géographiques et culturelles, facilitant ainsi la
création de réseaux de solidarité à une échelle plus large. Selon une étude de
Njoh (2018:
11), l'utilisation des réseaux sociaux a significativement renforcé la capacité
des femmes à participer activement aux initiatives communautaires et à
revendiquer leurs droits. Les réseaux sociaux servent de canaux d'information
cruciaux pour les membres des groupements féminins. Ils permettent l'accès à
des ressources éducatives, des opportunités de financement et des programmes de
formation. Par exemple, des groupes Facebook dédiés offrent des informations
sur les subventions disponibles, les ateliers de renforcement des capacités et
les opportunités d'emploi. Cette diffusion rapide et large de l'information
améliore la capacité des femmes à saisir des opportunités qui autrement
seraient inaccessibles. D'après Kessler et al.
(2019:
47), l’utilisation des réseaux sociaux a permis aux femmes de Ngaoundéré de
devenir plus autonomes et informées, favorisant ainsi leur développement
personnel et professionnel.
Ils renforcent la
solidarité entre les membres des groupements féminins en facilitant les
interactions quotidiennes et en soutenant les initiatives collectives. Les
plateformes comme WhatsApp et Instagram permettent aux femmes de partager leurs
réussites, de discuter des défis et de trouver du soutien émotionnel et moral.
Ces interactions créent un sentiment de communauté et d'appartenance, essentiel
pour la cohésion sociale et le succès des projets collectifs. Un rapport de
l'ONU Femmes (2020: 82) souligne que les réseaux sociaux ont joué un rôle clé
dans la mobilisation des femmes pour des actions collectives et la promotion de
la solidarité à Ngaoundéré. Les réseaux sociaux ont également transformé
l'engagement civique et politique des femmes à Ngaoundéré. Les plateformes
numériques permettent aux femmes de s'organiser pour des causes politiques, de
participer à des débats publics et de faire entendre leur voix sur des
questions importantes. Cela a conduit à une augmentation de la participation
des femmes dans les processus décisionnels et à une plus grande visibilité de
leurs préoccupations. Une étude de Mbaye (2021: 321) montre que
l'utilisation des réseaux sociaux a permis aux femmes de Ngaoundéré de jouer un
rôle plus actif dans la société civile et de revendiquer leurs droits de
manière plus efficace.
Malgré les
nombreux avantages, l'utilisation des réseaux sociaux présente également des
défis pour les groupements féminins à Ngaoundéré. Les questions de
confidentialité, de cyber harcèlement et de dépendance numérique sont des
préoccupations croissantes. De plus, l'accès inégal à la technologie et à
Internet peut exacerber les inégalités existantes. Il est donc crucial de
mettre en place des politiques et des programmes pour garantir un accès
équitable aux technologies numériques et pour sensibiliser les femmes aux
risques potentiels. Selon Ndiaye (2022: 473), des
efforts concertés sont nécessaires pour maximiser les bénéfices des réseaux
sociaux tout en minimisant leurs impacts négatifs sur les communautés
féminines. Cela va permettre de cerner le fonctionnement de ces groupements de
ces femmes.
2.
Logiques de fonctionnement des femmes dans les groupements
Les groupements féminins de Ngaoundéré,
comme beaucoup d'autres en Afrique, sont des exemples remarquables d'entraide
et de réciprocité. Ces structures, souvent basées sur des principes
traditionnels, jouent un rôle crucial dans le soutien social, économique et
psychologique des femmes.
2.1.
L’entraide et la réciprocité
Les groupements féminins de Ngaoundéré
trouvent leurs racines dans les traditions communautaires africaines où la
solidarité et l'entraide étaient essentielles pour la survie. Ces groupements,
souvent appelés tontines, sont des associations où les membres cotisent
régulièrement une somme d'argent qui est ensuite prêtée à tour de rôle à chaque
membre. Cette pratique permet aux femmes d'avoir accès à des fonds qu'elles
n'auraient pas pu obtenir autrement, étant souvent exclues des circuits
bancaires formels. Selon les recherches de Ardener et Burman (1995:
12), les tontines et autres formes de groupements de crédit informels sont
particulièrement répandus et efficaces en Afrique subsaharienne. Les
groupements féminins de Ngaoundéré offrent une plateforme essentielle pour
l'autonomisation économique des femmes. En mutualisant leurs ressources, elles
peuvent investir dans de petites entreprises, ce qui leur permet de générer des
revenus et de soutenir leurs familles. Ces initiatives réduisent la dépendance
économique des femmes vis-à-vis de leurs maris ou de leurs familles élargies.
Une étude de Boukar et al. (2018: 98) a montré que ces groupements jouent un rôle clé dans
l'amélioration des conditions économiques des femmes à Ngaoundéré, en leur
offrant des opportunités de développement économique et en renforçant leur
capacité à prendre des décisions financières.
Au-delà des avantages économiques, les
groupements féminins de Ngaoundéré renforcent les liens sociaux et la
solidarité entre les membres. Ils fournissent un espace où les femmes peuvent
partager leurs expériences, s'entraider en cas de besoin et créer des réseaux
de soutien mutuel. Cette solidarité est cruciale, surtout dans des contextes où
les femmes peuvent être isolées ou marginalisées. D'après les recherches de
Zinsou (2019: 28), ces groupements sont des lieux de socialisation
importants qui contribuent à la cohésion sociale et à la réduction des conflits
au sein des communautés.
Les groupements féminins jouent
également un rôle important dans la promotion de la santé et du bien-être des
membres. Par le biais de cotisations et de fonds communs, elles peuvent
organiser des campagnes de sensibilisation sur la santé, offrir un soutien
financier pour les soins médicaux et promouvoir des pratiques sanitaires
bénéfiques. Une étude de Ngatchou et al. (2020: 176) a révélé
que les femmes membres de ces groupements avaient un meilleur accès aux soins
de santé et étaient plus informées sur les questions de santé reproductive et
maternelle que celles qui n'en faisaient pas partie. Malgré leurs nombreux
avantages, les groupements féminins de Ngaoundéré font face à plusieurs défis,
notamment le manque de formalisation et les limitations de ressources. La
reconnaissance et le soutien des autorités locales et des ONG peuvent aider à
surmonter ces obstacles. En renforçant la capacité organisationnelle et en
fournissant des formations en gestion financière et en leadership, ces
groupements peuvent devenir encore plus efficaces et durables. Une étude de
Ndjeuda et Kamdem (2021: 81) souligne que l'avenir des groupements féminins repose
sur leur capacité à s'adapter aux changements socio-économiques et à innover
pour répondre aux besoins croissants de leurs membres. Ce qui amène à
s’interroger sur la mobilisation et le rôle de l’argent dans une association.
2.2.
Mobilisation et rôle de l’argent dans une association
Les groupements féminins à Ngaoundéré
jouent un rôle crucial dans le développement socio-économique des femmes. Ils
fonctionnent non seulement comme des réseaux de soutien, mais aussi comme des
moteurs de développement économique grâce à la mobilisation et à la gestion de
l'argent. Ces structures permettent aux femmes d'accéder à des ressources
financières et à des opportunités de formation, leur offrant ainsi une
meilleure autonomie et une influence accrue au sein de leurs communautés. Cet
essai explore le rôle de la mobilisation et de l'argent dans ces groupements en
examinant leur impact sur l'autonomisation des femmes, la réduction de la
pauvreté, la promotion de l'éducation et la solidarité communautaire.
La mobilisation au sein des groupements
féminins est un facteur clé de l'autonomisation des femmes à Ngaoundéré. Ces
groupements créent des espaces où les femmes peuvent se rencontrer, échanger
des idées et développer des compétences en leadership. Grâce à des cotisations
régulières et à la mise en commun de leurs ressources financières, les membres
peuvent lancer des activités génératrices de revenus. Par exemple, une étude de
Camara (2019: 88-90) souligne que les groupements féminins ont permis à
de nombreuses femmes de créer de petites entreprises, augmentant ainsi leurs
revenus et leur indépendance financière. Cette autonomisation économique est
essentielle car elle permet aux femmes de prendre des décisions plus éclairées
concernant leur vie personnelle et professionnelle. La gestion collective de
l'argent dans les groupements féminins contribue significativement à la
réduction de la pauvreté. Les fonds collectés sont souvent utilisés pour
accorder des prêts aux membres, leur permettant d'investir dans des activités
économiques rentables. Ces prêts, bien que modestes, ont un impact majeur sur
la vie des femmes en leur offrant des opportunités qu'elles n'auraient pas eues
autrement. Selon Bopda et Tchindjang (2020: 32), ces
mécanismes de Microfinance informelle ont permis à plusieurs ménages de sortir
de la pauvreté en améliorant leur accès aux ressources économiques. En outre,
les bénéfices générés sont souvent réinvestis dans la communauté, créant ainsi
un cercle vertueux de développement local.
L'argent mobilisé dans les groupements
féminins est également utilisé pour soutenir l'éducation des enfants des
membres. Cela est particulièrement important dans des régions où l'accès à
l'éducation est limité par des contraintes financières. Les groupements mettent
en place des caisses de solidarité pour financer les frais de scolarité et
l'achat de fournitures scolaires. Une recherche menée par Djoumessi (2018)
montre que ces initiatives ont augmenté le taux de scolarisation des filles
dans certaines communautés, contribuant ainsi à l'amélioration globale du
niveau d'éducation. En investissant dans l'éducation, les groupements féminins
jouent un rôle crucial dans le développement durable et la préparation des
futures générations à des rôles de leadership.
La mobilisation de l'argent dans les
groupements féminins renforce également la solidarité et la cohésion sociale.
Les contributions financières régulières créent un sentiment de responsabilité
et de soutien mutuel parmi les membres. Ces fonds sont souvent utilisés pour
aider les membres en difficulté, comme dans les cas de maladie ou de décès.
Cette solidarité financière s'étend également aux événements communautaires,
renforçant ainsi les liens sociaux. Selon Nkoum (2017: 41-42), cette
entraide financière et morale est essentielle pour maintenir la cohésion
sociale et promouvoir un développement communautaire inclusif. La solidarité au
sein des groupements féminins favorise un environnement où les femmes se
sentent soutenues et valorisées. La mobilisation et la gestion de l'argent dans
les groupements féminins à Ngaoundéré jouent un rôle fondamental dans
l'autonomisation des femmes, la réduction de la pauvreté, la promotion de
l'éducation et la cohésion sociale. Ces groupements offrent des plateformes
pour le développement économique et personnel, tout en renforçant la solidarité
et la résilience communautaire. Les exemples et les études de cas présentés
montrent clairement que ces initiatives sont des leviers puissants pour le
développement local et l'amélioration des conditions de vie des femmes. Il est
donc crucial de soutenir et de promouvoir ces structures pour assurer un avenir
meilleur et plus équitable pour toutes les femmes de Ngaoundéré et qui va
pousser à cerner la participation de la femme dans le groupement feminin.
3.
Emergence et participation dans le groupement feminin
L'émergence et la participation des
groupements féminins à Ngaoundéré, une ville située au nord du Cameroun, jouent
un rôle crucial dans la transformation communautaire[2].
Ces groupements, souvent basés sur des systèmes de solidarité et de
réciprocité, sont devenus des acteurs incontournables du développement local[3].
3.1.
Transformation de la communauté
L'émergence des groupements féminins à
Ngaoundéré peut être retracée aux années postindépendance, où les femmes ont
commencé à s'organiser pour répondre aux besoins économiques et sociaux non
satisfaits par les structures traditionnelles ou étatiques[4]. Plusieurs facteurs ont motivé les
femmes à former des groupements: la nécessité de soutenir les familles, de
renforcer la solidarité communautaire, et de promouvoir l'émancipation
économique et sociale des femmes dans un contexte souvent patriarcal. Les
groupements féminins à Ngaoundéré remplissent diverses fonctions, allant de
l'entraide financière (tontines) à la formation professionnelle, en passant par
des initiatives de santé publique et d'éducation (Malom, 2020:
55). La participation active des
femmes dans ces groupements se manifeste par la prise de responsabilité et le
leadership. Ces structures offrent un espace où les femmes peuvent développer
leurs compétences en gestion et en leadership. Contrairement à d'autres
structures plus hiérarchiques, les groupements féminins favorisent une prise de
décision collective et inclusive, permettant aux femmes de participer
pleinement aux processus décisionnels qui affectent leur quotidien (Dia, 2019:
137). La participation dans ces groupements permet aux femmes de développer
diverses compétences, notamment en gestion de projets, en négociation, et en
plaidoyer, renforçant ainsi leur position dans la société. Les activités
économiques des groupements féminins, telles que les micro-entreprises et les
coopératives, ont un impact significatif sur l'économie locale. Elles génèrent
des revenus et améliorent les conditions de vie des membres et de leurs
familles (Tchamba, 2018: 65).
Ces groupements renforcent la
solidarité sociale en créant des réseaux de soutien mutuel. Ils offrent une
plateforme où les membres peuvent partager des ressources, des informations, et
des conseils, renforçant ainsi le tissu social. Ces groupements renforcent la
solidarité sociale en créant des réseaux de soutien mutuel[5].
Ils offrent une plateforme où les membres peuvent partager des ressources, des
informations, et des conseils, renforçant ainsi le tissu social. Malgré leurs
succès, les groupements féminins à Ngaoundéré font face à plusieurs défis, tels
que le manque de financement, les contraintes culturelles, et les obstacles
bureaucratiques. Les groupements féminins à Ngaoundéré jouent un rôle essentiel
dans la transformation de leur communauté. Leur émergence et leur participation
active ont des impacts économiques, sociaux, et culturels significatifs[6].
Pour maximiser leur potentiel, il est recommandé de soutenir ces groupements
par des politiques publiques favorables, un accès accru aux financements, et
des programmes de renforcement des capacités. Cela permettra de pérenniser
leurs contributions et de catalyser un développement communautaire plus
inclusif et durable[7], donc le
résultat est le changement de la vie quotidienne de la femme.
3.2.
Changement dans la vie quotidienne de la femme
Le groupement économique joue un rôle
central dans l'émancipation et le développement des femmes à Ngaoundéré, une
ville du nord du Cameroun. Ces groupements, souvent formés par des initiatives
locales ou par des organisations non gouvernementales, offrent aux femmes un
espace de coopération et de soutien mutuel. Les membres se réunissent
régulièrement pour partager des idées, des ressources et des opportunités
économiques, favorisant ainsi l'autonomisation économique des femmes. Ces
structures leur permettent non seulement de générer des revenus, mais aussi de
développer des compétences entrepreneuriales et de gestion. Un exemple frappant
est l'Association des Femmes du Nord-Cameroun, qui organise des formations sur
la gestion financière et l'entrepreneuriat, augmentant ainsi la capacité des
femmes à gérer leurs propres entreprises (Nguena, 2020: 26). Les
groupements économiques de Ngaoundéré contribuent également à l'amélioration
des conditions de vie des femmes. Grâce à la mutualisation des ressources, ces
femmes peuvent accéder à des financements et à des microcrédits qu'elles
n'auraient pas pu obtenir individuellement. Ces crédits sont utilisés pour
lancer ou agrandir des activités génératrices de revenus comme l'agriculture,
l'artisanat ou le commerce de détail. Par exemple, l'ONG Plan International a
mis en place des programmes de microcrédit qui ont permis à de nombreuses
femmes de Ngaoundéré de sortir de la pauvreté et de soutenir leur famille (Plan
International, 2018: 271). En outre, ces groupements encouragent l'épargne
collective, permettant aux membres d'investir dans des projets communs et
d'assurer une sécurité financière à long terme.
En plus des bénéfices économiques, les
groupements économiques ont un impact significatif sur l'éducation et la
formation des femmes. Ils organisent régulièrement des ateliers et des
formations sur divers sujets allant de l'alphabétisation à la santé reproductive,
en passant par les droits des femmes. Ces initiatives sont cruciales pour
améliorer le niveau d'instruction des femmes et leur permettre de prendre des
décisions éclairées pour elles-mêmes et pour leurs familles. Par exemple,
l'association Femmes et Développement de Ngaoundéré a lancé des programmes
d'alphabétisation qui ont vu de nombreuses femmes apprendre à lire et à écrire,
leur donnant ainsi les moyens de participer plus activement à la vie économique
et sociale (Tchindjang, 2019: 16). Le renforcement du pouvoir de décision des femmes est
un autre aspect crucial des groupements économiques. En travaillant ensemble et
en partageant leurs expériences, les femmes gagnent en confiance et en estime
de soi. Cette dynamique collective leur permet de s'affirmer davantage dans
leur foyer et dans la communauté. Les femmes membres de ces groupements sont
souvent encouragées à participer aux instances décisionnelles locales, ce qui
contribue à une meilleure représentation des femmes dans les affaires publiques
et à une plus grande prise en compte de leurs besoins et de leurs perspectives.
L'étude de Ndembou (2017: 17) montre que les femmes de Ngaoundéré impliquées dans
des groupements économiques sont plus susceptibles de participer aux conseils
de quartier et autres structures locales de gouvernance. Enfin, les groupements
économiques jouent un rôle clé dans la promotion de la solidarité et de la
cohésion sociale. En créant des réseaux de soutien et d'entraide, ces
structures favorisent la solidarité entre les femmes de la communauté. Elles
permettent aux femmes de se soutenir mutuellement en cas de difficultés,
qu'elles soient économiques, sociales ou personnelles. Cette solidarité
renforce les liens communautaires et contribue à la stabilité sociale. De plus,
en travaillant ensemble sur des projets communs, les femmes apprennent à
collaborer et à résoudre les conflits de manière constructive, ce qui est
bénéfique pour l'ensemble de la communauté (Mbah, 2021: 231). Néanmoins
l’émergence des groupements féminins est confrontée à plusieurs obstacles.
3.3.
Obstacles à l’émergence des groupements féminins à Ngaoundéré
Les groupements féminins à Ngaoundéré,
comme dans beaucoup de régions d'Afrique, rencontrent divers obstacles qui
freinent leur émergence et leur développement. Ces obstacles peuvent être
socio-économiques, culturels, politiques, et liés à des problématiques
spécifiques à la région. Il est crucial de comprendre ces barrières pour
élaborer des stratégies efficaces afin de soutenir ces groupements dans leur
quête d'autonomisation (Atsé, 2017: 29). Les contraintes économiques représentent un obstacle
majeur à la création et au fonctionnement des groupements féminins. L'absence
de ressources financières suffisantes empêche souvent les femmes de lancer et
de maintenir des projets collectifs. Les difficultés d'accès au crédit et le
manque de soutien financier limitent les capacités des femmes à investir dans
leurs activités économiques (Nkoumou, 2020: 76). Les
traditions culturelles et les normes sociales peuvent constituer des obstacles
importants à l’émergence des groupements féminins. Dans certaines communautés,
les rôles de genre rigides et les attentes culturelles peuvent restreindre la
participation des femmes dans des activités collectives. Les stéréotypes de
genre et les préjugés culturels limitent souvent les opportunités offertes aux
femmes (Mbouda, 2019: 33). Le manque de formation et d'éducation est un obstacle
crucial pour les groupements féminins. Les femmes qui n'ont pas accès à des
formations adéquates ou à une éducation de qualité peuvent se retrouver
désavantagées lorsqu'il s'agit de gérer des projets collectifs. Les programmes
de formation inadéquats ou inexistants peuvent freiner leur développement et
leur efficacité (Kouadio, 2018: 158).
Les groupements féminins à Ngaoundéré
souffrent souvent de la faiblesse des réseaux de soutien. L'absence de réseaux
solides et de partenaires de soutien rend difficile la mobilisation de
ressources et la création de synergies entre différents groupes. Les femmes
manquent parfois de mentors ou de modèles pour les guider et les encourager
(Talla, 2021: 30). Les obstacles politiques et institutionnels freinent
également l'émergence des groupements féminins. L'absence de politiques
publiques favorables ou de soutien institutionnel peut limiter les opportunités
et les ressources disponibles pour ces groupements. Les femmes peuvent se
heurter à des barrières administratives et politiques qui freinent leurs
initiatives (Nguema, 2022: 76). La violence et l'insécurité sont des facteurs qui
entravent gravement l'émergence des groupements féminins. Les femmes vivant
dans des environnements instables ou violents peuvent être découragées de
participer à des activités collectives en raison des risques pour leur sécurité
personnelle. L'insécurité peut également entraver l'accès aux ressources
nécessaires pour les projets (Dibong, 2016: 7).
Les défis liés à la gestion et à la
gouvernance des groupements féminins peuvent également constituer un obstacle.
Le manque de compétences en gestion et en administration au sein des
groupements peut conduire à des inefficacités et à des conflits internes. La
capacité à gérer des projets de manière professionnelle est essentielle pour le
succès des groupements (Moukam, 2015: 86). Le manque
de visibilité et de reconnaissance peut limiter la croissance des groupements
féminins. Sans une reconnaissance adéquate de leurs efforts et réalisations,
ces groupements peuvent éprouver des difficultés à attirer des partenaires et
des financements. La visibilité médiatique et la reconnaissance publique sont
cruciales pour leur succès (Ngassa, 2023: 431). En
conclusion, l'émergence des groupements féminins à Ngaoundéré est entravée par
une série d'obstacles économiques, culturels, politiques, éducatifs, et
institutionnels. Pour surmonter ces obstacles, il est essentiel d'adopter une
approche multidimensionnelle qui inclut des interventions ciblées pour
améliorer l'accès aux ressources, renforcer les capacités des femmes, et
promouvoir des politiques favorables (Kamdjoug, 2024: 77).
4.
Caractéristiques de réussite de groupement économique
Les groupements économiques féminins de
Ngaoundéré se forment principalement autour de l’identité collective. Cette
identité est construite à travers des expériences partagées, des valeurs
communes et des objectifs collectifs. Selon Anderson (1983: 112), les
communautés imaginées sont formées par la conscience partagée d'une destinée
commune, ce qui est pertinent pour ces groupements où les membres se voient
comme une unité solidaire.
4.1.
L'identité collective
L'identité collective constitue une
force motrice essentielle au sein des groupements économiques féminins à
Ngaoundéré. Ces groupements, souvent nés de la nécessité économique et sociale,
se transforment en espaces de solidarité, d'entraide et de résilience pour les
femmes. L’identité collective permet non seulement de renforcer la cohésion
sociale, mais aussi de promouvoir un développement économique durable. L’identité collective joue un rôle
crucial dans la consolidation de la cohésion sociale parmi les membres des
groupements économiques. Elle favorise la confiance mutuelle, essentielle pour
la coopération et la solidarité. Comme le souligne Durkheim (1893:
21), la solidarité mécanique dans les sociétés traditionnelles repose sur la
similitude et l'identité partagée, renforçant ainsi l'entraide et la
coopération. Elle contribue également à l'accumulation de capital social.
Putnam (1993: 87) note que les réseaux de relations sociales facilitent
l'action collective en fournissant des ressources et du soutien. Les femmes des
groupements économiques à Ngaoundéré bénéficient de ce capital social accru, ce
qui leur permet d'accéder à des ressources, à des informations et à des
opportunités qu'elles ne pourraient obtenir individuellement. L’identité
collective dans ces groupements économiques favorise l'empowerment et
l'autonomisation des femmes. Elle leur permet de se percevoir comme des agents
de changement capables de transformer leur situation économique et sociale.
Kabeer (1999: 166) soutient que la participation active dans des
structures collectives peut transformer les perceptions de soi et renforcer la
capacité d’agir des femmes.
Les groupements économiques féminins
utilisent l'identité collective pour développer des stratégies de résilience
économique. En partageant des ressources et des connaissances, elles
parviennent à surmonter des défis économiques et à améliorer leurs conditions
de vie. La théorie de la résilience économique (Walker et al, 2004:
98) met en avant l’importance des réseaux sociaux et de la coopération pour
surmonter les chocs économiques. Grâce à l’identité collective, les femmes
développent des compétences entrepreneuriales et techniques. Elles se forment
mutuellement et partagent des connaissances, ce qui leur permet d’améliorer
leur productivité et leur efficacité. Selon Sen (1999: 99-101),
l'augmentation des capacités individuelles et collectives est essentielle pour
le développement économique et social.
L’identité collective facilite la
mobilisation des ressources financières par le biais de cotisations, de crédits
rotatifs et d'épargnes collectives. Les groupes de tontines, par exemple, sont
basés sur la confiance et la solidarité, éléments fondamentaux de l'identité
collective. L'étude d’Ardener et Burman (1995: 277) sur les
tontines montre comment ces structures traditionnelles permettent l’accès au
crédit et l'amélioration des conditions de vie des participantes. Les femmes
des groupements économiques participent activement à la vie communautaire,
influençant ainsi les décisions et les politiques locales. Leur identité
collective leur donne une voix plus forte et une représentation accrue dans les
instances de décision. Mansbridge (1999: 54) souligne
l'importance de la participation collective pour la démocratie et la justice
sociale. L’identité collective des groupements économiques féminins favorise le
développement durable en encourageant des pratiques économiques responsables et
équitables. Ces pratiques comprennent l’utilisation durable des ressources et
la promotion des économies locales. Sachs (2015: 101) soutient
que la durabilité économique est intrinsèquement liée à la solidarité et à la
justice sociale, aspects renforcés par une identité collective forte. En somme,
l'identité collective est un mode caractéristique et crucial pour le
fonctionnement et la réussite des groupements économiques féminins à
Ngaoundéré. Elle renforce la cohésion sociale, favorise le capital social,
permet l'autonomisation des femmes, développe des stratégies de résilience
économique, et promeut un développement durable. Les études et les théories
sociologiques et économiques confirment l'importance de cette dynamique
collective pour le développement et l'émancipation des femmes dans ces
contextes et cela ve permettre d’étudier son efficacité.
4.2.
L’efficacité
Les groupements économiques féminins à
Ngaoundéré jouent un rôle crucial dans l’autonomisation des femmes et le
développement communautaire. Leur efficacité peut être mesurée à travers
plusieurs dimensions, telles que l'amélioration des conditions économiques,
l'accès accru aux ressources, l'éducation et la formation, ainsi que la
promotion de la solidarité et de l'entraide. Cette argumentation explore ces
aspects en se basant sur des sources académiques et des études de cas locales.
Les groupements économiques féminins contribuent significativement à
l'amélioration des conditions économiques des femmes à Ngaoundéré. En
permettant aux femmes d'accéder à des crédits et à des ressources financières,
ces groupements facilitent la création et le développement de petites
entreprises. Selon une étude de Charlier et Lambert (2013: 69-70), les
femmes membres de ces groupements voient souvent une augmentation de leurs
revenus et une meilleure stabilité financière. Ces organisations permettent
également de mutualiser les risques et de partager les bénéfices, renforçant
ainsi la résilience économique des participantes.
L'accès aux ressources est un autre
bénéfice majeur des groupements économiques féminins. Les femmes à Ngaoundéré,
comme dans de nombreuses autres régions rurales, ont souvent un accès limité
aux ressources telles que la terre, le crédit et les intrants agricoles. Les
groupements permettent de surmonter ces obstacles en offrant des moyens
collectifs d’accès à ces ressources. Une étude réalisée par Bamou et Masters (2007:
76) montre que les groupements féminins augmentent l'accès des femmes aux
intrants agricoles, ce qui améliore la productivité et la sécurité alimentaire
des ménages. Les groupements économiques féminins jouent un rôle essentiel dans
l’éducation et la formation des femmes. Ils offrent des programmes de formation
en gestion financière, en entrepreneuriat et en techniques agricoles modernes.
Ces formations permettent aux femmes de développer des compétences essentielles
pour la gestion efficace de leurs entreprises. Selon une étude de Mbassa (2016:
197), les femmes ayant suivi des formations via ces groupements montrent une
meilleure performance économique et une plus grande confiance en leurs
capacités. La solidarité et l’entraide sont des valeurs fondamentales des
groupements économiques féminins. Ces groupements créent un réseau de soutien
social qui aide les membres à surmonter les défis individuels et collectifs. La
recherche de Sempiga et Ndedi (2015: 93) souligne que
les femmes se sentent moins isolées et plus soutenues grâce à leur
participation à ces groupements, ce qui contribue à leur bien-être général et à
leur empowerment.
L’un des impacts les plus significatifs
des groupements économiques féminins est le renforcement du pouvoir décisionnel
des femmes au sein de leurs ménages et de leurs communautés. En participant
activement à des activités économiques et en générant des revenus, les femmes
acquièrent une plus grande influence dans les décisions familiales et
communautaires. Selon une étude de Tchamou et Kouassi (2018: 84), les femmes
membres de groupements économiques participent davantage aux processus
décisionnels, tant au niveau domestique que communautaire. Les groupements
économiques féminins ne bénéficient pas seulement aux membres individuels, mais
contribuent également au développement local. En créant des emplois et en
stimulant l’économie locale, ces groupements jouent un rôle crucial dans le
développement des communautés rurales. Une étude de Njoya (2014:
209) révèle que les groupements féminins à Ngaoundéré ont permis la création de
plusieurs petites entreprises locales, contribuant ainsi à la croissance
économique régionale. Les groupements économiques féminins sont également
efficaces dans la réduction de la pauvreté. En améliorant les revenus et en
offrant des opportunités économiques, ces groupements aident les femmes et
leurs familles à sortir de la pauvreté. Une analyse de Kouassi et Diarra (2017:
442) montre que les femmes impliquées dans des groupements économiques ont des
niveaux de pauvreté significativement plus bas que celles qui n’y participent
pas. La participation aux groupements économiques féminins contribue à la
promotion de l’égalité des genres. En permettant aux femmes de participer
pleinement à l’économie, ces groupements réduisent les disparités entre les
sexes en termes de revenus et d’opportunités économiques. Selon une étude de
Tchouassi et Sikod (2010: 71), les groupements économiques féminins favorisent une
plus grande égalité entre les sexes dans les communautés rurales.
Conclusion
Les groupements économiques féminins
offrent des opportunités de développement du leadership pour les femmes. En
assumant des rôles de leadership au sein des groupements, les femmes
développent des compétences en gestion, en
négociation et en prise de décision.
Ainsi, les femmes leaders dans les groupements économiques sont souvent
appelées à occuper des positions de leadership dans d’autres sphères de la
communauté. Les groupements économiques féminins renforcent la résilience des
communautés face aux chocs économiques et sociaux. En favorisant la
diversification des sources de revenus et en créant des réseaux de soutien
solides, ces groupements aident les communautés à mieux résister aux crises.
Une étude de Yonta et Bong (2019: 406) montre que les communautés avec des groupements
économiques féminins actifs sont mieux préparées à faire face aux crises
économiques et climatiques.
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