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Produits de la pisciculture et impact socio-économiques dans la localité de Maga, Région de l’Extrême-Nord du Cameroun

Cite this article as: Robert S. (2025). Produits de la pisciculture et impact socio-économiques dans la localité de Maga, Région de l’Extrême-Nord du Cameroun. Zamfara International Journal of Humanities,3(3), 124-132. www.doi.org/10.36349/zamijoh.2025.v03i03.014.

PRODUITS DE LA PISCICULTURE ET IMPACT SOCIO-ECONOMIQUES DANS LA LOCALITE DE MAGA, REGION DE L’EXTREME-NORD DU CAMEROUN

And

Soussia Robert

Département des Sciences Historiques

Archéologiques et du Patrimoine. Université de Maroua

Résumé: Cet article s’inscrit dans le champ de l’histoire économique, sociale et environnementale en abordant l’évolution de la pisciculture, notamment son mode d’exploitation, les transformations des infrastructures et son impact sur le développement local. Le choix de ce sujet s’explique par l'importance croissante de la pisciculture comme levier économique et social, mobilisant divers acteurs et contribuant à la sécurité alimentaire et à la lutte contre la pauvreté. Le problème soulevé réside dans les mutations qu a connues cette filière et les défis liés à son adaptation aux exigences du développement durable. Ainsi, la problématique posée est la suivante: comment l’évolution des pratiques piscicoles et des infrastructures a-t-elle influencé le développement local et l'amélioration des conditions socio-économiques des acteurs impliqués ? Pour répondre à cette question, l’étude vise à analyser les transformations ayant rendu la production piscicole plus performante et à évaluer l’impact de cette activité sur le développement des communautés locales. Les hypothèses avancées suggèrent que les innovations techniques et l’amélioration des infrastructures ont favorisé une augmentation de la productivité et que la pisciculture constitue un moteur essentiel du développement local en générant des revenus et en renforÇant la résilience des populations. La méthodologie adoptée repose sur une recherche documentaire approfondie et des enquêtes de terrain menées auprès des acteurs de la filière, notamment les pisciculteurs, les commerçants et les autorités locales. Les résultats obtenus montrent que les évolutions techniques et organisationnelles ont permis une meilleure structuration du secteur, favorisant ainsi une augmentation de la production et une amélioration des conditions de vie des acteurs impliqués. La pisciculture apparait donc comme un levier stratégique du développement local, nécessitant toutefois un accompagnement technique et institutionnel pour maximiser son potentiel.

Mots clés: Pisciculture, Produits, impact, évolution, localité de Maga.

Introduction

La pisciculture est l’une des activités économiques que l’Homme a longtemps pratiquée depuis la préhistoire. Elle connait tout au long de son évolution des mutations au niveau des méthodes et des techniques de production. Dans la localité de Maga, elle se pratique de manière individuelle ou en groupe avec l’utilisation des outils rudimentaires adaptés au métier des pisciculteurs. Autrefois, elle était réduite à: « un simple ramassage et aujourd’hui, on assiste à une exploitation de plus en plus profonde avec l’utilisation des outils de production » (Doubla, 2007:10). Au fil du temps, on observe une dynamique des techniques qui impliquent la sophistication et la modernisation des outils de travail tels que les étangs bétonnés, bacs hors sol, enclos et les cages flottantes. Au regard de l’évolution de la technologie, la pratique de la pisciculture se modernise et le métier des pisciculteurs se généralise partout dans la localité de Maga. La pisciculture apparait donc comme une activité génératrice de revenus pour de nombreux artisans-pisciculteurs et offre d’énormes opportunités pour l’amélioration des conditions de vie. La localité de Maga regorge des atouts considérables dans le secteur de production piscicole et abrite une mosaïque des peuples composée de plusieurs groupes ethniques qui sont venus de différentes régions pour s’y installer. C’est ainsi que certains auteurs comme Amandine confirme en effet que « la présence d’une ressource dans un endroit donné a toujours été un facteur de mise en place des populations. La présence de l’eau dans une localité est d’une importance capitale pour que la pêche se déploie efficacement » (Amandine, 2007:54). Les produits issus de la pisciculture entre dans le régime alimentaire des populations et sont commercialisés à l’état frais, sec et fumés. Les différentes techniques de la pisciculture ont été développées depuis le XIXème siècle. Celles dites traditionnelles se modernisent progressivement avec l’introduction de nouveaux outils de production. Le souci permanent qui nous anime est de découvrir la pisciculture entant qu’activité économique qui mobilise de nombreux acteurs ayant un savoir et un savoir-faire avérés. Elle offre des énormes occasions pour les populations existantes et présente un enjeu multiforme qui est perceptible au niveau socio-économique. Le poids de la pisciculture dans le tissu économique est important mais avant de décliner son importance, une présentation des produits de la pêche s’impose. Cet article présente les typologies des produits de la pisciculture. Ensuite montre son apport dans le processus du développement des populations locales et sa place dans l’économie de la zone.

1-Zone d’étude

L’étude s’est déroulée dans la localité de Maga située dans la Région de l’Extrême Nord du Cameroun, département du Mayo-Danay. Elle couvre une superficie de 2000 km² et est comprise entre 10°32’57’’ et 11°58’00’’ de latitude Nord et entre 14°34’et 15°10’13’’de longitude Est (Olivier et al, 2015). Cette commune est délimitée au Nord par l’Arrondissement de Zina, au Sud par l’Arrondissement de Kaikai, à l’Est par Katoua au Tchad et à l’Ouest par l’Arrondissement de Bogo comme le montre la Figure 1.

Figure 1: carte de localisation de la zone d’étude

Produits de la pisciculture et impact socio-économiques dans la localité de Maga, Région de l’Extrême-Nord du Cameroun

Source: Carte du Cameroun, SOGEFI-2019, réalisation Badjam Philipp

1.1-Présentation de la pisciculture

Avant de parler des produits de la pisciculture, il est nécessaire de faire la présentation de cette activité en question. Ainsi, les données de terrain ont montré que la pisciculture est une activité socioéconomique connue dans la localité de Maga par sa production. Elle est pratiquée de manière isolée ou en combinaison avec des méthodes classiques adaptées aux métiers des exploitants[1]. Cette activité constitue l’un des maillons économiques majeures de la municipalité de Maga et ce qui parmi les activités traditionnelles de production est la plus rémunératrice (PULCI, 2014: 14). Elle se caractérise par un élevage de poissons dans les mares aménagées, les étangs en terre, enclos et les bacs hors sol. Selon les témoignages de Damna Ernest, les méthodes de culture de poissons utilisées par les communautés locales varient d’une localité à une autre. Elles ont généralement en commun l’utilisation d’eau douce provenant des sources différentes notamment les rivières, les mares, les puits et les forages[2].

1.2- Produits de la pisciculture

Selon les données de terrain, il se dégage deux types de poissons élevés par les communautés locales notamment le Tilapia (Oreochromis niloticus) et le claria (gariepinus). Ils ont nourris via des produits issus d’une fabrication personnelle ou artisanale. D’après Kadir Nestor, ces espèces se différentient par les caractères morphologiques. Pour lui, le tilapia (Oreochromis niloticus) est un poisson écaillé de couleur gris sombre et clair. Elle aime la propriété, sa taille commerciale est de 1 kg. Par contre le claria (gariepinus), se différentie par un fond à des couleurs gris sombre et clair tacheté. Il est une espèce non écaillée et de longue forme. Cette espèce aime la saleté et sa taille commerciale est de 1, 5kg[3]. Les données collectées sur le terrain, illustrent ces deux espèces de poissons sur la planche numéro 1 ci-dessous.

Planche n°1: les produits de la pisciculture

Produits de la pisciculture et impact socio-économiques dans la localité de Maga, Région de l’Extrême-Nord du Cameroun

Source: Synthèse documentaire sur la base des données de terrain

La planche numéro 1 ci-dessus est constituée de deux images, présentant deux types d’espèces de poisson. Sur la première image (A), on observe un tas d’espèces de Tilapias (Oreochromis niloticus), classées les unes des autres. La deuxième image (B), quand elle présente une espèce de Claria (gariepinus). Cette espèce est indicatrice de résistance aux changements climatiques. Elle est élevée un peu partout dans les localités de la zone d’étude, grâce à sa résistance.       

1.3-Caractéristiques de production en milieu piscicole

Selon les données de terrain, la pisciculture pratiquée par les communautés locales est du type extensif ou artisanal. La quasi-totalité de fermes de poissons sont en voie d’évolution avec l’implantation des infrastructures semi-modernes de production. Le rapport des informations recueillies auprès des producteurs, laisse croire que les productions dans les fermes varient selon les données. Car, il n’est pas du tout facile de déterminer avec exactitude la production annuelle, du fait de l’insuffisance des moyens logistiques mis à la disposition des services d’encadrement. Ceci dit, les données de terrain illustrent la production annuelle de la zone enquêtée sur le tableau numéro 1 ci-dessous.

Tableau 1: Production annuelle de la pêche/ pisciculture dans la localité de Maga

     Mois

 

 

 

 

 

 

Espèces

 


 Janvier

Février

Mars

 Avril

Mai

Total

 

Tilapia

 

6000 kg

 

7000 kg

 

8000 kg

 

10.000 kg

 

9000 kg

 

40.000 kg

 

Claria

 

6000 kg

 

7000 kg

 

8000 kg

 

10.000 kg

 

9000 kg

 

40.000 kg

 

Total

 

12.000 kg

 

14.000 kg

 

16.000 kg

 

20.000 kg

 

18.000 kg

 

80.000 kg

 Source: Synthèse documentaire des données de la DA/MINEPIA, 2018


Ce tableau ci-dessus présente la production ou la capture annuelle en milieu pêche/piscicole dans la localité de Maga. Du Janvier en Mai, on observe une ressemblante et une augmentation progressive de production en espèces de tilapia (Oreochromis niloticus). Cette capture est équivalente à celle des espèces de claria. En effet, ce tableau laisse paraitre clairement une dynamique progressive de la production, due aux actions en faveur du changement socioéconomique, du développement technologique et de la culture semi-intensive.

2-Commercialisation des produits issus de la pisciculture

Les produits découlant de la pêche dans la localité de Maga sont vendus par les commerçants ambulants et fixes. En pisciculture, Ils sont vendus par les exploitants propriétaires de fermes de poissons qui se ravitaillent sur les sites de production sans oublier les marchés qui s’approvisionnent par livraison. La vente se fait, si l’on s’en tient à l’appréciation des vendeurs, le plus souvent aux abords de lieux de production c’est-à-dire au abord des étangs. Selon Habiba Pascaline, ces produits sont vendus par kilogramme, selon leur point et sont écoulés après une période de 6 mois d’élevage. Ils sont vendus à l’état frais sur les lieux de production, en tas ou en kilogramme[4]. Dès lors, les prix de vente sont présentés sur le tableau ci-dessous.

Tableau 2: Prix de vente des différents produits

Produits           

   Point/Kg

 Prix unitaire (Fcfa)

Tilapias (Oreochromis niloticus)

    1kg

  750 f -1000 f

Clarias (gariepinus)

    1,5g

  1000 f -1500f

  Source: Synthèse documentaire sur la base des données de terrain, 2023

Ce tableau indique le prix de vente unitaire des produits issus de la pisciculture. Le prix de poissons varie en fonction de la qualité et le point de poissons. 1kg de tilapia vaut 750 à 1000 f, alors qu’un demi kg de claria coût 1000 à 1500 f. Selon les autres informateurs, ces produits peuvent être à l’état frais, sec et fumé.

Selon les témoignages de Damna Ernest, le poisson frais est le produit de la pêche le plus sollicité dans les milieux ruraux et urbains[5]. Il est conservé à l’état frais grâce à la technique de refroidissement par la glace. Il est destiné soit à la consommation, soit à la commercialisation dans les marchés en villes et dans les villages (Sahmo et al, 2001:32-33). Selon les observations de terrain, il existe un circuit de distribution du poisson frais plus ou moins développé, des zones de pêche comme Pouss, Zina, Maga, Guirvidig vers les grands centres de consommation tels que Maroua, Yagoua, Kousseri, Garoua et les pays voisins tels que le Tchad et le Nigeria[6]. Selon les données de terrain, la moitié des poissons obtenus de la pêche et de la pisciculture est ravitaillée sous forme des produits séchés. Sur cette question, un certains nombres des informateurs soutiennent que:

Ces produits issus de la pisciculture sont séchés grâce à la technologie de séchage naturel au soleil. Ils sont beaucoup plus appréciés par les consommateurs grâce à leur goût. Sont commercialisés à des petites échelles et contribuent particulièrement au développement socio-économique des populations locales[7].

Dans la localité de Maga, le 5% de la production de la pêche artisanale sont distribués sous la forme des poissons fumés. Selon Cabot et al, (1955:81), le poisson est fumé grâce à la technologie de fumage traditionnel par la cuisson. La principale espèce destinée à la technologie de fumage est l’espèce de claria. Elle est vendue dans les grands centres de consommation.

2.1-La place des produits de la pisciculture dans la sécurité alimentaire

Les produits de la pisciculture sont consommés un peu partout dans les régions du Cameroun. Ils sont en augmentation constante, compte tenu de l’accroissement démographie et de la multiplication des techniques de conservation. Selon l’article 19 de la décision N° 90/031 du 10 Août 1990 régissant l’activité commerciale au Cameroun: « un consommateur est celui qui utilise le bien pour satisfaire ses propres besoins et ceux des personnes à sa charge. Il utilise les produits de la pêche pour sa charge et non pour la vente »[8]. Selon les témoignages de Kadir Nestor: les produits de la pêche de la zone sont consommés dans les milieux ruraux et urbains. Il considère les consommateurs comme les personnes qui achètent les poissons pour une consommation finale et non pour une vente[9]. Dans le même, Seignobos (2014) explique dans ses travaux que: « les ménages sont les derniers intervenants de la chaine d’approvisionnement ». Ces produits sont nombreux et dépendent du milieu ou de l’environnement par lequel ils sont capturés.

2.2-La place de la pisciculture dans l’économie de la zone d’étude

La majorité des acteurs de la pisciculture enquêtée explique que la pêche artisanale et la pisciculture pratiquées dans la localité de Maga ont un apport capital dans l’économie de la zone. Elles sont considérées par les populations existantes comme les activités économiques qui produisent des denrées alimentaires les plus consommés. Selon Collins (2017:77), elles sont considérées comme les principales activités des populations riveraines. C’est grâce à elles que les ces dernières parviennent à satisfaire de la famille (école des enfants, santé et habillements). Les autochtones de la Zone considèrent la pisciculture comme une activité génératrice de revenus, car elle fournit d’énormes emplois directs et indirects aux populations vulnérables. Ainsi, l’apport de cette activité dans les plaines périodiquement inondées n’est plus à illustrer. Elle demeure l’une des principales activités socio-économiques et culturelles.

La pêche fut l’un des métiers qui octroient de formidables opportunités aux populations. Elle embauche chaque année des jeunes, et contribue à la réduction du chômage (Ngok et al, (2005:78). Ces réalités sont observées d’une façon directe sur le terrain, compte tenu des multiples réalisations faites à base de revenu de cette activité dans la mesure elle emploie une main d’œuvre importante. Elle emploie chaque année près de quatre cent jeunes gens sans emplois et génère également un revenu à chacun. Elle permet également la création de la richesse au niveau national que locale[10]. Selon les témoignages de Koumar Sahm:

Dans la pêche au filet senne par exemple, la pratique de cette pêche a besoin de la main d’œuvre constituée de quatre à six personnes pour un petit filet sennes et huit à dix personnes pour un grand filet senne. Alors pour avoir toute cette main d’œuvre, les grands opérateurs ou les patrons, emploient les jeunes chômeurs afin de manipuler leurs outils de pêche[11].

Quand on tient compte de l’explication de cet acteur de la pêche, on comprendre que cette activité crée des possibilités massives, la richesse et d’énormes emplois directs aux personnes vulnérables. Elle est plus pratiquée dans la localité par les populations riveraines afin de satisfaire leurs besoins vitaux.

2.3-Création des emplois et l'amélioration des conditions de vie

Selon les données de terrain, la localité de Maga est une zone dont la pêche et la pisciculture génèrent de revenus majeurs pour les populations locales. Elles créent des emplois directs aux pêcheurs, pisciculteurs et indirects aux commerçants, transformateurs, fabricants de pirogues et les ouvriers. Ces activités impliquent les hommes, les femmes et les jeunes aptes. Les femmes sont en majorités des commerçantes et participent à la transformation de produits de la pêche. Selon les explications des certains exploitants: « dans un environnement difficile, ces activités pourraient développées un mode de vie adapté dans lequel elles ont su garder la liberté des personnes impliquées»[12]. Selon les témoignages de Sali Saibou, dans la localité de Maga, il existe un centre d’avenage et de contrôle de pêche (CACP) qui forme les jeunes maitres pêcheurs qui veulent se donner à la pisciculture, l’élevage des petits ruminants. Il a été mis sur pied pour moderniser les techniques de capture de produits halieutiques et initier la formation des jeunes. Dans cette logique, de nombreux changement ont vu le jour pour ces jeunes dans la modernisation du mode de fabrication des pirogues, l’amélioration des techniques de fumage et de conservation des produits de la pêche[13].

D’autres paysans-pisciculteurs considèrent la pisciculture comme une entreprise génératrice de revenus. Pour eux, c’est à travers elle qu’ils parviennent à satisfaire leurs besoins et assurent la scolarité de leurs enfants. Elles emploi des jeunes sans emploi après leurs études secondaires et supérieures[14]. Selon les archives du centre des pêches, la présence des populations dans la production de l’économie a une importance capitale du fait qu’elle parvient à l’accomplissement des métiers de production et de la richesse Cependant, la production annuelle en poissons frais dans la retenue d’eau de Maga et du fleuve Logone est constante. Cette production serait un atout pour les populations riveraines c’est-à-dire les groupes ethniques habitants la vallée du Logone (Mousgoum, Massa et Toupouri)[15]. La pisciculture constitue un facteur de création des emplois et des capitaux. Elle permet aux artisans-pisciculteurs de survivre et de modifier leurs conditions de vie. À travers les activités connexes, elle parvient à mobiliser de multiples groupes ethniques des régions différentes. Elle crée des métiers directs aux pêcheurs et pisciculteurs, et indirects aux commerçants, les transporteurs et les fabricants de pirogues. Selon Jean Pierre Chau (1990), la pêche est une entreprise qui génère de revenus, elle emploie chaque année environ une quarantaine des jeunes chômeurs et des personnes vulnérables. Elle fait d’eux, des personnes responsables à être intégrées dans la société.

Une partie des pêcheurs montre que la pêche est une industrie par laquelle chaque acteur de production tire son profit. Ce profit peut s’expliquer par la présence des multiples métiers notamment la fabrication des étangs de production, la pirogue et les commerces. La technique d’assemblage des pièces de bois servant à la fabrication des pirogues implique surtout les hommes et les jeunes âgés. Pour les commerçants, la pêche est considérée comme une usine de l’activité de la zone, car elle offre des opportunités aux commerçants, pêcheurs et transporteurs. Plusieurs commerçants sont impliqués dans cette activité de nos jours. D’après, Jean Yves Weigel (1982), les opérateurs économiques ou grands commerçants tirent de revenus dans la commercialisation du poisson. Ils sont considérés comme les principaux acteurs du commerce, du fait qu’ils possèdent des moyens financiers et du transport.

3–Impacts sur la production piscicole

Dans la localité de Maga, les ressources halieutiques sont en voie de disparition. Selon les données de terrain, cette disparition est due à la vulnérabilité de la pisciculture aux changements climatiques qui est de grande envergure. De par sa situation géographique sensible, cette localité connait des inégalités climatiques marquées par une récurrence des sécheresses.

3.1-Vulnérabilité de la pisciculture aux changements climatiques

 La vulnérabilité des systèmes de production piscicole est éteinte par la pression anthropique et les changements dans les paramètres environnementaux de la zone. Selon les informations des exploitants, ces changements affectent la répartition, la productivité des espèces de poissons, des cours d’eau et les processus écologiques. La majorité des exploitants soulignent que les impacts des changements climatiques auxquelles font face les pisciculteurs de nos jours sont de plusieurs natures notamment les événements climatiques extrêmes, la modification les températures de l'air et les précipitations. Pour eux, les effets du changement climatique sont souvent observés sous la forme d'une modification régulière des eaux des étangs[16].

3.2-Difficultes liées l’activité des producteurs

Selon les données terrain, les difficultés liées aux métiers de producteurs seraient dues à la crise d’emploi et le non maitrise des techniques de production. Sur cette question Bamnang explique que: « les contraintes les plus récurrentes du secteur piscicole sont généralement liées aux difficultés rencontrées dans le travail et à la crise d’emplois »[17]. Les difficultés de cette activité peuvent encore s’expliquer par le non maitrise des techniques de production et des alevins de bonne qualité. Ce non maitrise aux manques de formation dans le domaine de la pisciculture.

3.3-Impacts sur l’environnement et la pisciculture

La pisciculture se pratique dans les étangs de dérivation dans la Région de l’Extrême-Nord. Son évolution est ennuie suite aux impacts de la sécheresse sur sa production et sur l’environnement. Selon les données de terrain, ces impacts entrainent la fragmentation de milieux piscicoles, dispersion des espèces de poissons et le redressement des cours d’eau. Une partie des pisciculteurs expliquent la sècheresse peut impacter sur l’environnement piscicole tout en contribuant à la dispersion des ressources halieutiques. Elle peut influencer sur le développement des activités de production c’est-à-dire la croissance des alevins mis en élevage. Selon Wang, (2018:46), le réchauffement « d’eau des étangs provoqué par les effets du soleil contribue à la dispersion de poissons et une dégradation plus ou moins importante du milieu aquatique ». Sur cette question, Olier et al (2015) écrit que: les variations climatiques peuvent avoir des impacts sur les écosystèmes et les ressources halieutiques. Elles peuvent entrainer la perte et la disparition des espèces de poissons mises en élevage.

Conclusion

Dans cet article, nous avons voulu montrer la place des produits de la pisciculture dans la sécurité alimentaire et de montrer l’impact socio-économique de cette activité dans la localité de Maga. Il ressort de ce qui précède que, la pisciculture est l’une des activités qui fournit des denrées alimentaires tant bien directes qu’indirectes au niveau local et urbain. Elle permet de lutter contre la pauvreté en octroyant les multiples emplois directs et indirects aux jeunes chômeurs de la zone. La pisciculture étant une activité génératrice de revenus qui joue un rôle important dans le processus de développement des populations locales. En effet, elle implique plusieurs acteurs: pisciculteurs, pêcheurs, commerçants, transporteurs et les réparateurs des infrastructures de conservation.

SOURCES ET REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES

a-Sources Orales

Noms et Prénoms

Sexe

âge

Profession

Date et Lieu d’entretien

01

Bamnang

M

53

Pêcheurs

12/01/2023 à Maga

02

Damna Ernest

M

38

Maitre Pêcheur

09/12/2023 à Maga

03

Fissou Sabali

M

49

Pisciculteur

17/01/2023 à Maga

04

Habiba Pascaline

F

32

Commerçante

11/03/2023 à Maga

05

Issa Damsou

M

48

Pisciculteur

12/11/2023 à Tapadaye

06

Kadir Nestor

M

32

Maitre Pêcheur

03/12/2023 à Tapadaye

07

Sali Saibou

M

42

Chef centre aquacole

03/11/2023 à Maga

b-Sources Écrites

Archives du centre des pêches de Maga

1.      Amandine Ferdinand, 2007. Pratique de la pêche et problématique d’action, collection de gestion des ressources halieutiques à Kédia (centre Cameroun), mémoire de maitrise en sociologie, Université de Dschang.

2.      Cabot; Diziain Roland, 1955. Population du Moyen Logone (Cameroun et Tchad). Paris, ORSTOM.

3.      Chau Jean Pierre; Samba Alassane., 1990. Historique de la pêche artisanale maritime et des politiques de développement de la pêche au Sénégal, édition l’Harmattan.

4.      Doubla Célestin. 2007. « Pêche artisanale, conservation et commercialisation des captures à Lagdo ». Rapport de stage préprofessionnel effectué du 04 Juin au 04 Juillet.

5.      Jean-Yves Weigel, 1982. En ligne « les circuits et les stratégies de commercialisation des produits de la pêche ». Disponible sur http://www.Umr. Consulté le 26 Juin 2019.

6.      Kana Collins Etienne., 2017. « Dynamique des berges du Logone entre la retenue d’eau de Maga et le lac Tchad et ses implications socio-économiques ». In Article hors-série numéro14, éditions Bruxelles.

7.      Olivier Dieudonné, Lionnelle Michel, Denis Iké et Achille Innocent, 2015. « Cartographie des zones à risques d’inondation en zone soudano-sahélienne: cas de Maga et ses environs dans la région de l’extrême-nord Cameroun », in Afrique Science 11(3), 45-61.

8.      Sahmo Mohamadou Hamidou; Jean Bertin; Nathaniel Edima., 2001. Profil du secteur post-capture de la pêche artisanale au Cameroun, éditions clé Yaoundé.

9.      PULCI, 2014. Etude d’impact environnement et social (EIES) du projet d’urgence de lutte contre les inondations (PULCI) dans la région de l’Extrême-Nord du Cameroun, Rapport d’activité, 245p.

10.  Recueil de texte régissant l’élevage, les pêches, et les industries animales (1994); centres nationaux de formation zootechnique et vétérinaire du Cameroun; Rapport d’étude N°1; 1994, 292 p.

11.  Rodrigue Vivien Diogo, Denis Boderme Bebo et Hugues Aguin Elegbe, 2028, Etude comparée de la productivité de Tilapia, Oreochromis niloticul (L.) en système intégré poisson-poule et non-intégré dans la commune d’Aplahoué au Sud Bénin, in ISSN 1813-548X, http. //www.afriquescience. Info, p.14.

12.  Seignobos Christian, 2014. « La chasse/ Pêche aux batraciens: aux origines de la vie des populations du bassin du Lac Tchad ? » L’exemple du Diamaré, Cameroun, éditions

13.  Wang Djonwé, 2018. Effets comparés de l’hormone synthétique (oraprim) et de l’extrait d’hormone hypophysaire sur les performances de la reproduction de clarias gariepinus à la station aquacole de Maga, Mémoire de fin d’étude d’ingénieur en production animale et aquacole, Université de Maroua



[1] Entretien avec Fissou Sabali, 49ans, pisciculteur, Maga, le 17 Janvier 2023

[2] Entretien avec Damna Ernest, 38 ans, maitre pêcheur, Maga le 09 Décembre 2023

[3] Entretien avec Kadir Nestor, 35 ans, maitre pêcheur, Tapadaye, le 13 Janvier 2023

[4] Entretien avec Habiba Pascaline, 32 ans, commerçante, Maga, le 02 Février 2023

[5]Entretien avec Damna Ernest, 38 ans, maitre pêcheur, Maga le 09 Décembre 2023

[6]Entretien avec Issa Damsou, 48 ans, pisciculteur, Tapadaye, le 12 Novembre 2023

[7] Enquêtes de terrain, 2023.

[8] Recueil de texte régissant l’élevage, les pêches, et les industries animales (1994); centres nationaux de formation

Zootechnique et vétérinaire du Cameroun.

[9] Entretien avec Kadir Nestor, 35 ans, maitre pêcheur, Tapadaye, le 13 Janvier 2023

[10] Entretien avec Koumar Sahm, 42ans, pêcheur, Maga, le 11 Novembre 2023

[11] Entretien avec Issa Damsou, 48 ans, pisciculteur, Tapadaye le 12 Novembre /2023

[12] Entretien avec Sali Saibou, 42 ans, chef du centre aquacole, Maga 03 Novembre 2023

[13]Entretien avec Sali Saibou, 42 ans, chef du centre aquacole, Maga 03 Novembre 2023

[16] Enquêtes de terrain, 2023

[17] Entretien avec Bamnang, 53ans, pêcheurs, Maga le 12 Janvier 2023

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